Les conservateurs proposent des motions pour sanctionner les fonctionnaires responsables de l’imposition de la loi sur la sécurité nationale de Pékin à Hong Kong et pour interdire à Huawei des réseaux 5G du Canada.

La motion proposée sur Hong Kong, présentée par le ministre fantôme des Affaires étrangères du Parti conservateur, Michael Chong, demande à la Chambre des communes de reconnaître la loi sur la sécurité nationale comme une violation de la déclaration conjointe sino-britannique de 1984. Le traité, qui impose un cadre «un pays, deux systèmes», garantit un degré élevé d’autonomie à Hong Kong.

La motion proposée par Chong demande également à la Chambre d’appeler le gouvernement «à travailler avec les alliés du Canada pour imposer immédiatement des sanctions, telles que des sanctions Magnitsky», à ceux qui restreignent les libertés de Hong Kong.

La loi sur la sécurité nationale, qui est entrée en vigueur le 30 juin, donne au Parti communiste chinois (PCC) des pouvoirs étendus pour cibler des individus pour ce qu’il appelle des actes de sécession, de subversion, de terrorisme ou de collusion avec des forces étrangères. Les infractions sont passibles d’une peine maximale d’emprisonnement à vie.

La loi est largement considérée comme la tentative de Pékin de réprimer les militants de la prodémocratie à Hong Kong. Le Canada s’est joint aux alliés des États-Unis, de l’Australie et du Royaume-Uni pour exprimer sa «profonde préoccupation» face à l’imposition de la loi.

Washington a également annoncé la fin des exportations d’équipements de défense d’origine américaine vers Hong Kong et suspendu plusieurs accords bilatéraux couvrant l’extradition et les exonérations fiscales.

Le Canada a également suspendu son accord d’extradition avec Hong Kong et a commencé à accepter des militants pro-démocratie de Hong Kong comme réfugiés.

Huawei

Une deuxième proposition de motion présentée par la députée conservatrice Shannon Stubbs demande que Huawei soit interdit de participer au réseau 5G du Canada.

Le gouvernement canadien n’a pas encore pris de décision sur l’opportunité d’exclure Huawei de ses réseaux 5G. Les alliés du Canada au sein de l’alliance du renseignement Five Eyes, notamment les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont déjà banni Huawei de leurs réseaux 5G, et le Royaume-Uni prévoit d’éliminer progressivement l’utilisation de la société dans ses réseaux dans les années à venir.

Huawei a été fondée par un ancien officier de l’Armée populaire de libération. Washington a averti Ottawa de s’attendre à une réduction du partage de renseignements si Huawei n’était pas banni de ses réseaux 5G, car les États-Unis craignent que leurs données ne soient compromises.

Un rapport récent de la commission de la défense du Parlement britannique a déclaré qu’il existe «des preuves claires de collusion entre Huawei et l’État chinois».