CONFLANS-SAINTE-HONORINE – La police française a interrogé samedi neuf personnes en garde à vue après qu’un sympathisant islamiste présumé ait décapité un enseignant en plein jour dans la rue d’une banlieue parisienne, ont indiqué des sources policières.

La police a abattu l’attaquant quelques minutes après avoir assassiné vendredi le professeur d’histoire Samuel Paty, 47 ans. Le meurtre a choqué le pays et fait écho à une attaque menée il y a cinq ans contre les bureaux du magazine satirique Charlie Hebdo.

Les enquêteurs cherchaient à déterminer si l’agresseur avait agi seul ou avait des complices. Les médias français ont rapporté qu’il était un jeune de 18 ans d’origine tchétchène.

Le Premier ministre Jean Castex a déclaré que l’attaque portait la marque du terrorisme islamiste.

«Je veux partager avec vous mon indignation totale. La laïcité, l’épine dorsale de la République française, a été visée dans cet acte ignoble », a déclaré Castex.

Quatre proches de l’agresseur, dont un mineur, ont été arrêtés au lendemain de l’attaque dans la banlieue bourgeoise de Conflans-Sainte-Honorine, selon des sources policières.

Photo Epoch Times
Le président français Emmanuel Macron, accompagné de la jeune ministre française de la Citoyenneté Marlene Schiappa, s’entretient avec des responsables alors qu’il se rend sur les lieux d’une attaque au couteau dans la banlieue de Conflans-Sainte-Honorine à Paris, en France, le 16 octobre 2020 (Crédit: Abdulmonam Eassa / Piscine via Reuters)

Cinq autres ont été détenus pendant la nuit, parmi lesquels deux parents d’élèves du Collège du Bois d’Aulne où l’enseignant était employé.

Il y a une semaine, un homme qui a dit que sa fille était dans la classe de Paty a enregistré une vidéo partagée sur les réseaux sociaux dans laquelle il a qualifié l’enseignant de voyou et a appelé les autres à «unir leurs forces et à dire ‘arrêtez, ne touchez pas nos enfants’» .

Il n’était pas clair si le parent faisait partie des personnes détenues par la police. On ne savait pas non plus immédiatement si l’attaquant avait vu la vidéo.

#IAMSAMUEL

Les parents d’élèves ont déposé des fleurs à l’entrée de l’école. Certains ont dit que leurs enfants étaient désemparés.

«(Ma fille) est en morceaux, terrorisée par la violence d’un tel acte. Comment vais-je lui expliquer l’impensable? un père a écrit sur Twitter.

Dans un élan de chagrin, le hashtag #JeSuisSamuel (je suis Samuel) s’est répandu sur les réseaux sociaux, à l’image de l’appel à la solidarité #JeSuisCharlie après l’attaque de Charlie Hebdo en 2015.

Avant cette attaque, Charlie Hebdo avait publié des caricatures du prophète Mahomet, déclenchant des divisions qui jettent encore un voile sur la société française.

Attaque à coups de couteau dans la banlieue parisienne de Conflans St Honorine
Des policiers sécurisent la zone près du lieu d’une attaque au couteau dans la banlieue parisienne de Conflans St Honorine, France, le 16 octobre 2020 (Crédit: Charles Platiau / Reuters)

S’adressant aux enseignants, aux élèves et à leurs parents du pays, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a déclaré que Paty avait été tué par ce qu’il appelait les ennemis de la liberté.

«La République ne reculera jamais, jamais, jamais lorsqu’elle sera confrontée à la terreur, à l’intimidation», a-t-il déclaré dans une déclaration enregistrée.

La litanie d’attaques meurtrières perpétrées par des terroristes islamistes ou leurs sympathisants a été dévastatrice pour la communauté musulmane de France, a déclaré Tareq Oubrou, l’imam d’une mosquée de Bordeaux.

«Chaque jour qui passe sans incident, nous rendons grâce», a-t-il déclaré à la radio France Inter. «Nous sommes entre le marteau et l’enclume. Il attaque la République, la société, la paix et l’essence même de la religion, qui concerne l’unité.

Par Thierry Chiarello

Le personnel d’Epoch Times a contribué à ce rapport.